04/11/2026

Réseau alumni CentraleSupélec : chiffres, association, avantages

Le réseau alumni CentraleSupélec réunit les diplômés de deux institutions qui ont façonné l'ingénierie française : l'École Centrale des Arts et Manufactures, fondée en 1829, et l'École supérieure d'électricité (Supélec), fondée en 1894. Depuis la…

Le réseau alumni CentraleSupélec réunit les diplômés de deux institutions qui ont façonné l’ingénierie française : l’École Centrale des Arts et Manufactures, fondée en 1829, et l’École supérieure d’électricité (Supélec), fondée en 1894. Depuis la fusion des deux écoles le 1er janvier 2015, puis celle de leurs associations d’anciens, cette communauté forme l’un des plus grands viviers d’ingénieurs du pays : 55 000 diplômés présents dans 80 pays, selon le rapport d’activités 2024 de l’école. De Gustave Eiffel à Stéphane Bancel, de Jean-Luc Lagardère à Thierry Breton, le réseau compte des figures qui ont marqué l’industrie, la finance, la politique et la santé. Il se distingue aussi par une initiative rare dans l’univers des grandes écoles : un fonds d’investissement porté par les alumni, CentraleSupélec Venture.

 

Histoire de l’association CentraleSupélec Alumni

L’histoire du réseau commence avec celle des deux écoles. Selon la page historique de CentraleSupélec, l’École Centrale des Arts et Manufactures est créée en 1829 par Alphonse Lavallée, entouré des scientifiques Jean-Baptiste Dumas, Eugène Péclet et Théodore Olivier. Supélec naît en 1894 sous l’impulsion du physicien Éleuthère Mascart, avec le soutien de la Société internationale des électriciens. Pendant plus d’un siècle, centraliens et supélec entretiennent chacun leur propre communauté d’anciens.

La fusion des écoles, effective le 1er janvier 2015, appelle logiquement celle des associations. Le processus est méthodique. D’après le rapport d’activité 2020 de l’association, les assemblées générales des deux structures approuvent la création de CentraleSupélec Alumni le 3 décembre 2018. Le dossier est déposé au ministère de l’Intérieur le 31 janvier 2019, puis examiné par le Conseil d’État. Le décret approuvant la fusion est signé le 10 janvier 2020 et publié au Journal officiel le 12 janvier 2020. Le premier conseil d’administration de l’association fusionnée est élu le 9 juillet 2020, avec une gouvernance transitoire paritaire entre représentants de Centrale et de Supélec, et 2021 marque la mise en œuvre opérationnelle de la fusion.

Aujourd’hui, l’association rassemble les diplômés d’École Centrale Paris, de Supélec et de CentraleSupélec au sein d’une même structure, installée à la Maison CentraleSupélec, rue Jean Goujon, dans le 8e arrondissement de Paris. Depuis l’assemblée générale du 24 juin 2026, elle est présidée par Delphine Bazaud, diplômée de Centrale Paris (promotion 1998). Les groupes de promotions ECP, Supélec et CentraleSupélec y coexistent.

 

Lire plus : Gustave Eiffel, le centralien derrière la tour Eiffel

 

Combien de diplômés compte le réseau CentraleSupélec ?

Avec 55 000 diplômés, la communauté CentraleSupélec se situe parmi les tout premiers réseaux d’ingénieurs en France, aux côtés du réseau alumni de Polytechnique. Ce chiffre, publié par l’école dans son rapport d’activités 2024, est repris par l’association dans son propre rapport d’activité 2024. Le réseau se renouvelle vite : l’école a recruté 933 nouveaux élèves en 2024 et vise 4 000 diplômés par an à l’horizon 2032.

L’organisation repose sur un maillage territorial et thématique dense. Le rapport d’activité 2024 de l’association recense 20 groupes régionaux, 25 groupes professionnels et une quinzaine de groupes internationaux en activité régulière.

Indicateur Chiffre Source et année
Diplômés du réseau 55 000 Rapport d’activités CentraleSupélec, 2024
Pays de présence 80 Rapport d’activités CentraleSupélec, 2024
Alumni résidant hors de France près de 8 000 Rapport d’activité CentraleSupélec Alumni, 2024
Groupes régionaux 20 Rapport d’activité CentraleSupélec Alumni, 2024
Groupes professionnels 25 Rapport d’activité CentraleSupélec Alumni, 2024
Groupes internationaux actifs environ 15 Rapport d’activité CentraleSupélec Alumni, 2024
Événements organisés plus de 500 par an Site de CentraleSupélec Alumni, 2026
Étudiants inscrits à l’école 5 197 Rapport d’activités CentraleSupélec, 2024

La dimension internationale est forte. Près de 8 000 alumni vivent hors de France, un effectif en hausse d’environ 5 % sur cinq ans. Six pays comptent entre 500 et 1 000 diplômés, neuf entre 100 et 500.

 

Où travaillent les diplômés de CentraleSupélec

Le profil généraliste de la formation centralienne et l’expertise de Supélec en électricité, électronique et systèmes numériques expliquent la grande diversité des parcours des diplômés. On retrouve des ingénieurs CentraleSupélec dans l’énergie, l’aéronautique, le numérique, la santé, le conseil, la finance ou encore la haute fonction publique. Dans la dernière enquête premier emploi publiée par l’école en 2016, la recherche et développement était la fonction la plus représentée chez les jeunes diplômés du cursus Supélec, avec 23,6 % des premiers postes.

L’international est une composante naturelle des carrières. Selon cette même enquête 2016, 24,5 % des jeunes diplômés du cursus centralien et 17,5 % des diplômés du cursus Supélec occupaient leur premier emploi à l’étranger. L’école renforce cette ouverture avec 180 universités partenaires dans 45 pays et 80 accords de double diplôme internationaux, d’après son rapport d’activités 2024.

L’entrepreneuriat est l’autre marqueur fort du réseau. Le rapport d’activités 2024 de l’école dénombre 1 065 startups créées par des diplômés, dont 8 licornes et 160 entreprises deeptech. L’incubateur 21st by CentraleSupélec a accompagné plus de 125 startups et projets en 2024, et les startups qu’il accélère ont levé 69 millions d’euros sur l’année. Ce dynamisme s’inscrit dans la lignée de Stéphane Bancel, centralien devenu PDG de Moderna.

 

CentraleSupélec Venture, le fonds des alumni

Lancé en mai 2023, CentraleSupélec Venture (souvent abrégé CS Venture) est un fonds de capital-risque early stage créé par l’école avec sa communauté. Selon le communiqué de lancement, il a été initié à titre bénévole par deux alumni, Jean-Marc Patouillaud (CS 1981) et Pierre Martini (CS 1998), et a annoncé un premier closing de 12 millions d’euros. La Fondation CentraleSupélec et l’association CentraleSupélec Alumni en sont souscriptrices, et elles perçoivent la moitié du carried interest du fonds. Le fonds investit des tickets initiaux de 150 000 à 500 000 euros dans des startups qui comptent au moins un cofondateur issu de la communauté de l’école (alumni, doctorants, chercheurs des laboratoires), avec un intérêt marqué pour la deeptech, la santé et les transitions industrielle et environnementale.

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D’après le rapport d’activités 2024 de l’école, le fonds a financé ses quatre premières startups en 2024 et étudié 520 opportunités en un an. ScientaLab a été la première société accompagnée. Ce modèle fait de CS Venture un levier de financement et d’engagement du réseau.

 

Salaires à la sortie de CentraleSupélec

La dernière enquête premier emploi publiée par CentraleSupélec sur son site date de 2016 et distingue les deux cursus historiques. Pour situer ces données dans le contexte actuel, l’enquête insertion 2026 de la Conférence des grandes écoles fournit la référence nationale la plus récente pour les jeunes ingénieurs.

Indicateur Valeur Source et année
Salaire moyen de premier emploi, cursus centralien (brut annuel, primes incluses) 52 000 € Enquête premier emploi CentraleSupélec, 2016
Salaire moyen de premier emploi, cursus Supélec (brut annuel, primes incluses) 48 100 € Enquête premier emploi CentraleSupélec, 2016
Part de CDI en France, cursus centralien 93,7 % Enquête premier emploi CentraleSupélec, 2016
Contrat signé avant la fin des études, cursus centralien 76,8 % Enquête premier emploi CentraleSupélec, 2016
Salaire brut annuel moyen hors primes en France, jeunes ingénieurs des grandes écoles 39 284 € Enquête insertion CGE, 2026
Taux net d’emploi à six mois, ensemble des grandes écoles 76 % Enquête insertion CGE, 2026

Ces chiffres placent les diplômés de CentraleSupélec nettement au-dessus de la moyenne des jeunes ingénieurs. La comparaison appelle une lecture attentive : l’enquête de l’école intègre les primes et concerne des promotions antérieures, tandis que la Conférence des grandes écoles publie un salaire hors primes pour l’ensemble des écoles d’ingénieurs membres.

 

Lire plus : Jean-Luc Lagardère, de Supélec à Matra et Hachette

 

Les alumni célèbres de CentraleSupélec

La notoriété du réseau repose sur une galerie de diplômés qui couvre près de deux siècles. Gustave Eiffel, diplômé de l’École Centrale, reste le centralien le plus célèbre au monde, associé à la tour qui porte son nom et à une carrière d’ingénieur des grands ouvrages métalliques. Louis Blériot, centralien lui aussi, réalise la première traversée de la Manche en avion le 25 juillet 1909 ; l’association lui a consacré un dossier dans sa série « Parcours de centraliens ».

Côté Supélec, Jean-Luc Lagardère a bâti un groupe industriel et médiatique de premier plan, de Matra à Hachette. Thierry Breton, diplômé de Supélec, a dirigé plusieurs grands groupes avant de devenir ministre de l’Économie puis commissaire européen. Dans la santé, Stéphane Bancel, diplômé de Centrale Paris, a conduit Moderna au rang d’acteur mondial des vaccins à ARN messager.

La relève est visible dans les classements de jeunes dirigeants. Selon l’école, sept alumni figurent dans le classement Choiseul 2026, qui distingue 200 dirigeants de moins de 40 ans. Deux d’entre eux sont dans le Top 100 : Clément Ray, cofondateur et président d’Innovafeed, et Guillaume Dubois, fondateur et directeur général de HappyVore.

Nom École d’origine Fonction ou réalisation
Gustave Eiffel École Centrale Ingénieur, constructeur de la tour Eiffel
Louis Blériot École Centrale Aviateur, première traversée de la Manche en avion (1909)
Jean-Luc Lagardère Supélec Fondateur et dirigeant du groupe Lagardère (Matra, Hachette)
Thierry Breton Supélec Ancien ministre de l’Économie, ancien commissaire européen
Stéphane Bancel Centrale Paris Directeur général de Moderna
Clément Ray CentraleSupélec Cofondateur et président d’Innovafeed, Top 100 Choiseul 2026
Guillaume Dubois CentraleSupélec Fondateur et directeur général de HappyVore, Top 100 Choiseul 2026

Comment vit le réseau CentraleSupélec Alumni

L’association propose les services attendus d’un grand réseau d’anciens : annuaire des membres, espace carrières avec offres d’emploi et espace recruteur, agenda des événements et publication de la Revue CentraleSupélec Alumni. L’adhésion se décline par catégorie (diplômé, jeune diplômé, élève ingénieur, étudiant en bachelor ou mastère spécialisé, membre associé), et l’accueil des nouvelles promotions sert de porte d’entrée : environ 600 adhésions juniors ont été enregistrées lors du week-end d’intégration de septembre 2024 à Gif-sur-Yvette, selon le rapport d’activité de l’association.

Les temps forts rythment l’année. En 2024, les Quinquennales ont réuni 712 participants, les Rencontres Ingénieurs ont mis une centaine d’alumni face à 900 élèves de première année, et les tables rondes « Be Prepared » ont rassemblé plus de 500 étudiants et 50 alumni.

Le mentorat a pris une forme structurée avec un programme pilote lancé en septembre 2025 : 30 jeunes alumni accompagnent 130 élèves ingénieurs du campus de Gif-sur-Yvette, par petits groupes de quatre, lors de séances collectives organisées environ toutes les six semaines. Ce format en groupe, qui mise sur l’apprentissage entre pairs, rejoint les bonnes pratiques décrites dans notre guide pour animer un réseau alumni.

L’engagement des diplômés se mesure aussi à la générosité. La Fondation CentraleSupélec compte près de 7 000 alumni donateurs et 150 entreprises mécènes ; sa campagne « Demain est IngénieurS » vise 100 millions d’euros d’ici 2032 et en avait atteint 55 % fin 2024, selon le rapport d’activités de l’école. Ces indicateurs (taux d’adhésion, participation aux événements, dons, mentors mobilisés) font partie des KPI d’un réseau alumni qui permettent d’en évaluer la vitalité.

 

Lire plus : Thierry Breton, de Supélec à la Commission européenne

 

FAQ sur le réseau alumni CentraleSupélec

Combien de diplômés compte le réseau alumni CentraleSupélec ?

Le réseau compte 55 000 diplômés présents dans 80 pays, selon le rapport d’activités 2024 de CentraleSupélec. Il réunit les anciens d’École Centrale Paris, de Supélec et de CentraleSupélec. Près de 8 000 d’entre eux vivent hors de France, d’après le rapport d’activité 2024 de l’association CentraleSupélec Alumni.

Quand l’association CentraleSupélec Alumni a-t-elle été créée ?

Les assemblées générales des associations de Centrale et de Supélec ont approuvé la création de CentraleSupélec Alumni le 3 décembre 2018. La fusion a été approuvée par un décret du 10 janvier 2020, publié au Journal officiel le 12 janvier 2020, et le premier conseil d’administration a été élu le 9 juillet 2020. Elle fait suite à la fusion des deux écoles, effective le 1er janvier 2015.

Qu’est-ce que CentraleSupélec Venture ?

CentraleSupélec Venture est un fonds de capital-risque early stage lancé en mai 2023 par l’école et sa communauté, avec un premier closing de 12 millions d’euros. Il investit dans des startups comptant au moins un cofondateur issu de l’écosystème CentraleSupélec. La Fondation et l’association CentraleSupélec Alumni sont souscriptrices et perçoivent la moitié du carried interest. Il a financé ses quatre premières startups en 2024.

Quels diplômés de CentraleSupélec figurent au classement Choiseul ?

Selon l’école, sept alumni figurent dans le classement Choiseul 2026 des 200 dirigeants de moins de 40 ans. Clément Ray (Innovafeed) et Guillaume Dubois (HappyVore) sont dans le Top 100. Sacha Lazimi (Yubo), Thomas Semah (Yneuro), Jean-Charles Bodet (Eurofins), Aurélie Gonzalez (Yama) et Raphaël Ventre (VINCI Autoroutes) complètent le Top 200.

Comment se compare le réseau CentraleSupélec à celui de Polytechnique ?

Les deux réseaux figurent parmi les plus influents de l’ingénierie française, avec des cultures distinctes. CentraleSupélec se distingue par une forte orientation entrepreneuriale, avec 1 065 startups créées par ses diplômés selon son rapport d’activités 2024, et par son fonds d’alumni CS Venture. Pour une comparaison détaillée, la fiche consacrée au réseau alumni de Polytechnique présente les chiffres de l’X.

 

Ce qu’il faut retenir

Le réseau alumni CentraleSupélec est l’héritier de deux grandes traditions d’ingénieurs, réunies par la fusion des écoles en 2015 puis par celle de leurs associations, approuvée par décret en janvier 2020. Avec 55 000 diplômés dans 80 pays, une soixantaine de groupes régionaux, professionnels et internationaux et plus de 500 événements par an, il offre un maillage dense et une forte présence internationale. Sa singularité tient à son engagement entrepreneurial : plus de 1 000 startups créées par des diplômés, un incubateur actif et un fonds d’alumni, CentraleSupélec Venture, qui réinvestit dans la communauté. De Gustave Eiffel à Stéphane Bancel, jusqu’aux lauréats du classement Choiseul 2026, le réseau continue de produire des dirigeants de premier plan. La fiche CentraleSupélec de Planète Grandes Écoles complète ce panorama.

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