29/10/2026

Centraliennes dirigeantes : ces ingénieures de CentraleSupélec à la tête de grands groupes français

Les centraliennes dirigeantes ne sont pas encore légion dans les états-majors français, mais trois d'entre elles occupent des postes parmi les plus exposés du pays. Catherine MacGregor dirige Engie depuis 2021, Delphine Ernotte Cunci préside…

Les centraliennes dirigeantes ne sont pas encore légion dans les états-majors français, mais trois d’entre elles occupent des postes parmi les plus exposés du pays. Catherine MacGregor dirige Engie depuis 2021, Delphine Ernotte Cunci préside France Télévisions depuis 2015 et Sophie Zurquiyah a conduit pendant huit ans le groupe de géosciences Viridien (ex-CGG), dont elle préside aujourd’hui le conseil d’administration. Toutes trois sont diplômées de l’École Centrale Paris, devenue CentraleSupélec en 2015 après son rapprochement avec Supélec.

Leurs parcours ont un point commun rarement souligné : aucune n’a quitté le terrain technique pour rejoindre la direction générale par la voie classique des cabinets ministériels. Elles ont gravi les échelons dans l’industrie, souvent à l’international, avant d’arriver au sommet. Ce portrait croisé retrace ces trajectoires et ce qu’elles disent du réseau alumni CentraleSupélec.

Catherine MacGregor, de Schlumberger à la direction générale d’Engie

Diplômée de l’École Centrale Paris en 1995 selon l’association CentraleSupélec Alumni, Catherine MacGregor a passé 23 ans chez Schlumberger, le leader mondial des services pétroliers. D’après sa biographie officielle publiée par Engie, elle y a débuté comme ingénieure d’opérations au Congo, en Écosse et aux États-Unis, avant de diriger les activités de forage et de mesure en Malaisie, aux Philippines et à Brunei. Elle a ensuite pris la direction des ressources humaines du groupe, puis de plusieurs entités, dont l’Europe-Afrique et le forage.

En 2019, elle rejoint TechnipFMC pour prendre la tête de la future Technip Energies. Le 1er janvier 2021, elle devient directrice générale d’Engie, l’un des principaux énergéticiens européens. Son parcours illustre une constante des ingénieurs centraliens : une formation généraliste qui permet de passer de la technique pure au management d’organisations de dizaines de milliers de personnes.

Son itinéraire complet, de ses premières missions sur le terrain à sa stratégie chez Engie, est détaillé dans notre portrait de Catherine MacGregor, l’ingénieure centralienne à la tête d’Engie.

Delphine Ernotte Cunci, la centralienne qui préside France Télévisions

Delphine Ernotte Cunci a construit l’essentiel de sa carrière dans les télécommunications. Selon le communiqué publié par CentraleSupélec en octobre 2019, cette diplômée de l’École Centrale Paris entre chez France Télécom comme analyste financière, puis devient ingénieure économiste à France Télécom R&D. Elle dirige ensuite les boutiques parisiennes de l’opérateur et la filiale SDR entre 2000 et 2004, avant de prendre la direction régionale Centre-Val de Loire.

Les étapes suivantes la placent au cœur de l’activité grand public : communication commerciale et sponsoring, direction commerciale France, puis direction exécutive d’Orange France. En octobre 2011, elle est nommée directrice générale adjointe du groupe France Télécom. En 2015, elle prend la présidence de France Télévisions.

L’Arcom l’a reconduite le 14 mai 2025 pour un mandat de cinq ans ouvert le 22 août 2025, son troisième à la tête du groupe audiovisuel public. Elle exerce aussi une responsabilité européenne : l’Union européenne de radio-télévision (UER) l’a réélue présidente le 25 juin 2026, pour un mandat couvrant 2027 et 2028.

Sophie Zurquiyah, une carrière entre pétrole, données et géosciences

Diplômée de l’École Centrale Paris en 1989 d’après l’association des anciens, Sophie Zurquiyah complète sa formation par un master en analyse numérique de l’université Pierre et Marie Curie et un master en génie aérospatial de l’université du Colorado, selon sa biographie officielle publiée par Viridien.

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Elle démarre en 1991 chez Schlumberger comme ingénieure géophysicienne, aux États-Unis, en France et au Brésil. Elle y dirige ensuite les systèmes d’information, puis préside l’entité SLB Data and Consulting Services. En février 2013, elle rejoint CGG, devenu Viridien, comme directrice générale déléguée chargée de la division géologie, géophysique et réservoir, avant d’en devenir directrice des opérations.

Le 26 avril 2018, elle est nommée directrice générale de Viridien. Elle cumule les fonctions de présidente-directrice générale du 30 avril 2025 au 3 juin 2026, et préside depuis le conseil d’administration du groupe.

Ce que les parcours des centraliennes dirigeantes ont en commun

Mises côte à côte, ces trois trajectoires dessinent un profil reconnaissable. Deux d’entre elles, Catherine MacGregor et Sophie Zurquiyah, ont fait leurs classes chez Schlumberger, un groupe réputé pour envoyer ses jeunes ingénieurs sur le terrain dans le monde entier. La troisième, Delphine Ernotte Cunci, a gravi tous les échelons d’un opérateur de télécommunications, de l’analyse financière aux boutiques puis à la direction générale adjointe.

Le socle de la formation centralienne, généraliste et orientée vers la résolution de problèmes complexes, apparaît comme le fil rouge. Aucune ne s’est enfermée dans une spécialité : géophysique, ressources humaines, systèmes d’information, marketing grand public ou finance ont nourri des parcours transversaux. Cette polyvalence correspond à la promesse historique de l’école, que portaient déjà des figures comme Gustave Eiffel au XIXe siècle ou, plus récemment, Stéphane Bancel chez Moderna.

Dirigeante Promotion Centrale Paris Premier employeur Fonction de tête Depuis
Catherine MacGregor 1995 Schlumberger Directrice générale d’Engie 1er janvier 2021
Delphine Ernotte Cunci Non publiée par l’école France Télécom Présidente de France Télévisions 2015 (reconduite en 2025)
Sophie Zurquiyah 1989 Schlumberger Présidente du conseil d’administration de Viridien Juin 2026 (directrice générale dès avril 2018)

Sources : CentraleSupélec Alumni, biographies officielles d’Engie et de Viridien, communiqués de CentraleSupélec et de l’Arcom.

Les centraliennes et le réseau CentraleSupélec

Le lien de ces dirigeantes avec leur école ne s’arrête pas au diplôme. Delphine Ernotte Cunci a siégé huit ans au conseil d’administration de CentraleSupélec avant d’en être élue présidente en octobre 2019, puis reconduite le 18 octobre 2023. À l’occasion de ce renouvellement, l’école a souligné son engagement pour attirer davantage de jeunes femmes dans ses formations. Catherine MacGregor a, elle aussi, exercé un mandat d’administratrice de CentraleSupélec, selon les documents de gouvernance d’Engie.

Ces figures s’inscrivent dans une communauté large. Selon le rapport d’activité 2024 de CentraleSupélec Alumni, présenté à l’assemblée générale de juin 2025, le réseau rassemble 55 000 alumni, dont près de 8 000 vivant hors de France, et s’appuie sur vingt groupes régionaux. L’association y présente aussi un projet de mentorat d’étudiants, avec un pilote envisagé à la rentrée 2026.

Indicateur Valeur Source et année
Alumni du réseau 55 000 CentraleSupélec Alumni, rapport d’activité 2024
Alumni vivant hors de France Près de 8 000 CentraleSupélec Alumni, rapport d’activité 2024
Groupes régionaux 20 CentraleSupélec Alumni, rapport d’activité 2024

Le réseau des ingénieurs issus de Supélec compte aussi des dirigeants de premier plan, comme Thierry Breton ou Jean-Luc Lagardère. Pour découvrir l’école, ses programmes et ses admissions, la fiche CentraleSupélec de Planète Grandes Écoles offre un panorama complet.

FAQ

Quelles centraliennes dirigent de grands groupes français ?

Trois diplômées de l’École Centrale Paris occupent des fonctions de premier plan : Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie depuis le 1er janvier 2021, Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions depuis 2015, et Sophie Zurquiyah, présidente du conseil d’administration de Viridien depuis juin 2026, après huit ans à la direction générale du groupe.

Catherine MacGregor est-elle diplômée de CentraleSupélec ?

Oui. Catherine MacGregor est diplômée de l’École Centrale Paris, promotion 1995 selon l’association CentraleSupélec Alumni. L’école a fusionné avec Supélec en 2015 pour former CentraleSupélec. Elle a ensuite effectué 23 ans de carrière chez Schlumberger, puis dirigé Technip Energies avant de prendre la tête d’Engie.

Quel lien Delphine Ernotte Cunci entretient-elle avec CentraleSupélec ?

Diplômée de l’École Centrale Paris, Delphine Ernotte Cunci préside le conseil d’administration de CentraleSupélec depuis octobre 2019. Elle y siégeait déjà depuis huit ans et a été reconduite le 18 octobre 2023. L’école a mis en avant son engagement pour attirer davantage de jeunes femmes dans ses programmes d’ingénieurs.

Combien de diplômés compte le réseau CentraleSupélec ?

Selon le rapport d’activité 2024 de l’association CentraleSupélec Alumni, présenté en juin 2025, le réseau rassemble 55 000 alumni, dont près de 8 000 vivent hors de France. L’association s’appuie sur vingt groupes régionaux en France, ainsi que sur des groupes internationaux et professionnels.

Ce qu’il faut retenir

Les centraliennes dirigeantes forment un cercle encore restreint, mais il compte des fonctions de tout premier plan : Engie avec Catherine MacGregor, France Télévisions avec Delphine Ernotte Cunci, Viridien avec Sophie Zurquiyah. Leurs carrières partagent une même logique, celle d’ingénieures généralistes qui ont multiplié les responsabilités opérationnelles, souvent à l’international, avant d’accéder au sommet. Deux d’entre elles ont aussi siégé au conseil d’administration de leur école, signe d’un attachement durable au réseau CentraleSupélec, qui fédère aujourd’hui 55 000 alumni.

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