04/02/2026

Stanislas Niox-Château, HEC Paris : tennisman bègue devenu fondateur de la licorne Doctolib

Stanislas Niox-Château, HEC Paris 2010, a fondé Doctolib en 2013. Tennisman blessé à 17 ans, bègue à l'oral - et pourtant reçu à HEC avec l'un des meilleurs scores.

Il était bègue. Il avait arrêté le tennis à 17 ans sur blessure. À l'oral du concours HEC, les étudiants qui bégaient évitent généralement l'oral. Stanislas Niox-Château l'a passé, et a obtenu l'un des meilleurs scores de sa promotion. Dix ans plus tard, il fondait Doctolib. Le reste n'est pas du hasard.

Niox-Château à HEC Paris : ce que le tennis lui avait déjà appris

Stanislas Niox-Château naît en 1987 à Paris et grandit à Boulogne-Billancourt dans une famille d'enseignants. Dès le CM2, il est en sport-études tennis. À 12 ans, il remporte l'Open international des jeunes. Il côtoie Gaël Monfils et Jérémy Chardy, s'entraîne plusieurs heures par jour, et vise le Top 100 mondial. Il est sélectionné en équipe de France, remporte six fois les championnats de Paris.

Il sait de lui-même qu'il n'est pas le plus talentueux. Il le dira plus tard sans détour : "Je n'étais pas forcément le meilleur, mais j'étais hyper besogneux." Cette honnêteté sur ses propres limites, rare chez un sportif de haut niveau, est aussi ce qui le sauvera quand tout s'arrête brusquement.

En 2004, à 17 ans, une grave blessure au dos met fin à sa carrière. Avec le recul, il admettra une vérité plus complexe : la blessure n'était pas la seule raison. Il comprenait déjà qu'il n'atteindrait pas le niveau qu'il visait, et qu'il était "presque content de s'être blessé" – libéré d'un objectif qu'il ne pouvait plus assumer. Cette lucidité-là, beaucoup d'athlètes de haut niveau ne l'atteignent jamais.

Il bascule dans les études avec la même intensité. Bac S mention très bien, prépa commerciale au lycée Saint-Louis, admission à HEC Paris en 2006. Son bégaiement, qui le suit depuis l'enfance, aurait pu l'écarter de l'oral. Il le prépare deux fois plus que les autres, le passe, et décroche l'un des meilleurs scores de sa promotion à cette épreuve. "Je savais que je ne pourrais pas travailler dans une entreprise normale", dira-t-il. "Alors j'ai créé la mienne."

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HEC Paris et Doctolib : ce que la formation lui a apporté

À HEC, Niox-Château devient vice-président de la Junior-Entreprise. Ce n'est pas un détail : la JE d'HEC est une des plus actives de France, et ce rôle lui donne sa première expérience réelle de la gestion d'une organisation, de la prospection commerciale, de la tenue de comptes. Il y apprend à structurer un projet, à convaincre des clients, à piloter une équipe d'étudiants aussi ambitieux que lui.

Ce que HEC lui apporte surtout, c'est un cadre analytique pour des intuitions qu'il avait déjà. Son professeur de marketing aurait pu lui dire ce que le prof de finance avait dit à Jean-Paul Agon – il était fait pour ça, pas pour la finance. La différence, c'est que Niox-Château ne veut pas travailler pour un groupe. Il veut construire quelque chose.

Diplômé en 2010, il rejoint Otium Capital, fonds d'investissement fondé par Antoine Freysz. Il y accompagne plusieurs startups, notamment La Fourchette, plateforme de réservation de restaurants. C'est là qu'il apprend ce que les cours de HEC ne peuvent pas enseigner : comment une startup se construit et s'écroule, quels signaux précèdent un marché qui décolle, comment un fondateur tient quand les premiers mois ne ressemblent à rien de prévu.

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Doctolib en 2013 : l'idée simple qui a changé la médecine française

En 2013, avec Ivan Schneider et Jessy Bernal, il fonde Doctolib. L'idée tient en une phrase : permettre aux patients de prendre rendez-vous chez un médecin en ligne, et aux praticiens de gérer leur agenda sans appel téléphonique. C'est banal à dire. Ça ne l'était pas à faire.

Les premiers mois sont difficiles. Les médecins sont méfiants. Le marché semble saturé – Keldoc, Mondocteur sont déjà en place. Niox-Château reprend sa vieille Clio et va de cabinet en cabinet convaincre des généralistes un par un. Il construit la confiance acte par acte, praticien par praticien. C'est la même méthode que le tennis : du travail répété, sans raccourci.

La plateforme compte un million d'utilisateurs dès la première année. En 2019, Doctolib devient une licorne – valorisée à plus d'un milliard d'euros. La même année, elle rachète son concurrent Mondocteur. En 2021, lors de la campagne de vaccination Covid-19, Doctolib devient l'outil logistique national : Niox-Château s'entretient chaque semaine avec le ministre de la Santé. La plateforme gère des millions de prises de rendez-vous en quelques semaines.

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Niox-Château aujourd'hui : la santé, l'IA et l'engagement social

En 2025, Doctolib lance un assistant de consultation basé sur l'IA destiné aux médecins – prise de notes automatique pendant les consultations, gain de temps estimé à plusieurs heures par semaine pour chaque praticien. La plateforme est présente en France, Allemagne et Italie, avec plus de 300 000 professionnels de santé connectés et 80 millions de patients utilisateurs.

En parallèle, Niox-Château et son épouse Marine ont fondé en 2022 le fonds Okola, dédié au bien-être des enfants en France – petite enfance, aide sociale à l'enfance, lutte contre le harcèlement scolaire et le bégaiement. Ce dernier point n'est pas un hasard.

Pour les étudiants de HEC Paris, le parcours de Niox-Château est une démonstration de ce que l'école produit quand elle croise un profil atypique : pas un héritier, pas un fils de patron, mais quelqu'un qui a appris à travailler deux fois plus que les autres parce qu'il n'avait pas le choix. Le tennis d'abord, le bégaiement ensuite, la blessure enfin – chaque obstacle a construit quelque chose. HEC lui a donné les outils. Le reste lui appartenait.

Questions fréquentes sur Stanislas Niox-Château

Quelle école a fait Stanislas Niox-Château ?

Stanislas Niox-Château est diplômé de HEC Paris, promotion 2010. Il a suivi une classe préparatoire commerciale au lycée Saint-Louis à Paris, après un baccalauréat S obtenu avec mention très bien.

Comment Niox-Château a-t-il fondé Doctolib ?

Après HEC, Niox-Château rejoint Otium Capital où il accompagne plusieurs startups. En 2013, il cofonde Doctolib avec Ivan Schneider et Jessy Bernal. La plateforme permet aux patients de prendre rendez-vous en ligne chez des professionnels de santé. Elle est devenue licorne en 2019 et compte aujourd'hui plus de 300 000 professionnels de santé en France, Allemagne et Italie.

Stanislas Niox-Château était-il tennisman professionnel ?

Niox-Château a pratiqué le tennis à haut niveau depuis l'enfance, a été sélectionné en équipe de France et a remporté six fois les championnats de Paris. Il a mis fin à sa carrière à 17 ans en 2004 suite à une grave blessure au dos, avant de se concentrer sur ses études et d'intégrer HEC Paris en 2006.

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