18/03/2026

Jean-Dominique Senard, HEC Paris : le fils d’ambassadeur qui a présidé Michelin, puis pris la tête de Renault au lendemain de l’arrestation de Ghosn

Jean-Dominique Senard, HEC 1976, a présidé Michelin 7 ans et multiplié son résultat net par 2. Il a succédé à Carlos Ghosn à Renault en janvier 2019 dans une crise sans précédent pour l'alliance.

Son père était ambassadeur de France. Il avait fait ses années de lycée en Haute-Savoie à Abondance, aux côtés de Christophe de Margerie — le futur PDG de Total. Il avait fait HEC et une maîtrise de droit. Il avait commencé chez Total. Puis Saint-Gobain. Puis Pechiney. Puis Michelin — sept ans de présidence, résultat net +43 % en 2016. Et en janvier 2019, dans la crise la plus médiatisée de l'industrie automobile française, il avait succédé à Carlos Ghosn à la tête de Renault.

Senard à HEC Paris : fils d'ambassadeur, lycée en Savoie et maîtrise de droit

Jean-Dominique Senard naît le 7 mars 1953 à Neuilly-sur-Seine. Son père Jacques Senard est diplomate – ambassadeur de France au Caire, à La Haye et à Rome. Il fait une partie de ses études au lycée privé Sainte-Croix des Neiges à Abondance, en Haute-Savoie. Un de ses camarades de lycée est Christophe de Margerie – qui deviendra PDG de Total et mourra en 2014 dans un accident d'avion à Moscou. Cette amitié d'adolescence entre deux futurs présidents de grandes entreprises françaises est un de ces détails biographiques qui disent quelque chose sur la taille des réseaux qui se forment dans les internats catholiques de province.

Il intègre HEC Paris et en sort diplômé en 1976. En parallèle, il obtient une maîtrise de droit – double cursus peu commun pour l'époque. Ce bagage juridique lui sera utile tout au long d'une carrière jalonnée de fusions-acquisitions, de négociations industrielles et de restructurations complexes.

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Senard chez Total, Saint-Gobain et Pechiney : vingt-cinq ans de finance industrielle

En 1979, il débute sa carrière chez Total dans des responsabilités de gestion des risques financiers. Il y reste huit ans. En 1987, il rejoint Saint-Gobain à la direction de la trésorerie. Directeur financier de l'Allemagne et de l'Europe centrale en 1995, il acquiert une dimension internationale en gérant les enjeux de financement d'une grande entreprise sur plusieurs marchés.

En 1996, il passe chez Pechiney comme directeur financier. En 2003, il en devient PDG — juste avant que le géant canadien Alcan ne rachète Pechiney. Il se retrouve alors membre du comité exécutif d'Alcan, chargé de l'intégration de Pechiney dans la nouvelle structure. Tâche délicate : préserver les équipes et la culture d'un fleuron industriel français dans un grand groupe canadien. Il quitte Alcan en 2005 après avoir mené cette intégration à terme.

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Senard chez Michelin : sept ans, +43% de résultat net et un management responsable

En mars 2005, Jean-Dominique Senard rejoint Michelin comme directeur financier. En 2007, il devient gérant non commandité. En 2011, gérant associé commandité. En mai 2012, il succède à Michel Rollier à la présidence du groupe.

Sa présidence est marquée par une amélioration sensible de la rentabilité. À son arrivée, la marge opérationnelle est de 9,4 % – deux ans plus tard elle atteint 11,1 %. En 2017, Michelin annonce un résultat net pour 2016 en hausse de 43 %, à 1,7 milliard d'euros. Ce résultat repose en partie sur des restructurations – notamment la fermeture du site de Joué-lès-Tours avec 700 suppressions d'emplois. Il est connu pour prôner un management responsable fondé sur la confiance et le dialogue social, autorisant notamment l'entrée d'un représentant syndical au conseil de surveillance.

En 2017, ses soutiens tentent de le faire candidater à la présidence du MEDEF pour succéder à Pierre Gattaz. Les statuts limitent la candidature aux moins de 65 ans lors de l'élection – Senard aurait alors dépassé cette limite. Il renonce.

Senard à la tête de Renault après Ghosn : une succession de crise

Le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn était arrêté à Tokyo pour fraude fiscale. Le monde de l'automobile était abasourdi. L'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, qu'il avait construite et dirigée pendant vingt ans, se trouvait soudainement décapitée au niveau le plus stratégique. Ghosn démissionnait formellement de la présidence de Renault.

Le 24 janvier 2019, le gouvernement français et le conseil d'administration de Renault se tournaient vers Jean-Dominique Senard. Il acceptait – à 66 ans, quelques semaines après avoir quitté Michelin. Il prenait ensuite la tête de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi le 12 mars, et devenait vice-président de Nissan le 8 avril. En 2020, il cooptait Luca de Meo comme directeur général de Renault – un choix qui s'avèrerait déterminant pour le redressement du groupe.

Pour les alumni de HEC Paris, Jean-Dominique Senard illustre le profil du financier qui devient industriel – quelqu'un qui a commencé par maîtriser les outils (trésorerie, financement, fusions) avant de piloter des groupes entiers. Son arrivée chez Renault en 2019 dit quelque chose sur ce que la réputation et le carnet d'adresses construits sur quarante ans de carrière permettent d'accomplir quand une crise impose un profil de confiance et de stabilité.

Questions fréquentes sur Jean-Dominique Senard

Quelle école a fait Jean-Dominique Senard ?

Jean-Dominique Senard est diplômé de HEC Paris (promotion 1976) et titulaire d'une maîtrise de droit. Il a commencé sa carrière chez Total en 1979 et a exercé des responsabilités dans plusieurs grands groupes industriels français avant de rejoindre Michelin en 2005.

Pourquoi Jean-Dominique Senard a-t-il succédé à Carlos Ghosn à Renault ?

Carlos Ghosn avait été arrêté à Tokyo en novembre 2018 pour fraude fiscale et avait démissionné de la présidence de Renault. Jean-Dominique Senard, alors sortant de Michelin, avait été choisi par le gouvernement français et le conseil d'administration de Renault comme successeur en janvier 2019 pour sa réputation de gestionnaire rigoureux et son expérience des grandes entreprises industrielles françaises.

Quel bilan a laissé Jean-Dominique Senard à la tête de Michelin ?

Sous la présidence de Jean-Dominique Senard (2012-2019), la marge opérationnelle de Michelin avait progressé de 9,4 % à 11,1 %, et le résultat net avait augmenté de 43 % en 2016 pour atteindre 1,7 milliard d'euros. Sa direction avait également été marquée par une politique de management participatif et le renforcement du dialogue social, avec l'entrée d'un représentant syndical au conseil de surveillance.

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