En 1998, un an après son titre de champion du monde du 400m haies, Stéphane Diagana intègre l'ESCP. Il ne s'arrête pas de courir pour autant. Pendant 6 ans, il concilie études en école de commerce et entraînements de haut niveau – 20 heures de piste par semaine. Il sort diplômé en 2004, quelques semaines avant d'annoncer sa retraite sportive. Son record d'Europe du 400m haies – 47s37 établi en 1995 – a tenu 24 ans, jusqu'en 2019.
Diagana à l'ESCP : champion du monde en 1997, étudiant en commerce en 1998
Ce qui distingue le parcours de Stéphane Diagana à l'ESCP, c'est le moment où il y entre : en 1998, alors qu'il est au sommet de sa carrière. Un an après son titre mondial, toujours dans la compétition internationale, il décide de préparer simultanément sa reconversion. Il expliquera plus tard : "Après un tel break, il me semblait difficile de rentrer tardivement sur le marché du travail. Et puis mes goûts avaient changé. J'ai envisagé une formation de type management et stratégie qui ouvre à la création d'entreprise."
L'ESCP, proche de l'INSEP de Vincennes, lui permet d'organiser logistiquement ce double emploi du temps. Il bénéficie d'aménagements pédagogiques, suit des cours en e-learning lors de ses déplacements en compétition, récupère les cours manqués. Cette organisation rigoureuse – gérer deux agendas d'excellence en parallèle – est en elle-même une démonstration des qualités de gestion que l'école enseigne. Il obtient son diplôme de l'ESCP en 2004, quelques semaines avant d'annoncer la fin de sa carrière sportive.
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Diagana avant l'ESCP : Saint-Affrique, l'INSEP et 47s37 à Lausanne
Stéphane Diagana naît le 23 juillet 1969 à Saint-Affrique, dans l'Aveyron. Il découvre l'athlétisme à 10 ans dans un club local. En 1988, lors des championnats de France scolaires, il fait la rencontre qui changera toute sa carrière : Fernand Urtebise, qui deviendra son entraîneur pendant seize ans et l'orientera vers le 400m haies au lieu du 110m haies qu'il pratiquait.
Il obtient son bac S en 1988, intègre l'INSEP et mène de front entraînement et études à l'IUT de Créteil — son DUT en biologie appliquée aux industries agro-alimentaires est obtenu en 4 ans au lieu de 2, grâce aux aménagements accordés aux sportifs de haut niveau. En 1990, à 21 ans, il remporte son premier titre de champion de France senior et participe aux championnats d'Europe de Split. En 1992, il dispute ses premiers Jeux olympiques à Barcelone et termine quatrième du 400m haies — au pied du podium dans une course où l'Américain Kevin Young établit un record du monde.
Le 5 juillet 1995, à Lausanne, il court le 400m haies en 47s37 — un record d'Europe qu'il détiendra pendant 24 ans, jusqu'à ce qu'il soit battu en 2019. Cette performance illustre l'amplitude de son talent : dans une discipline où les marges de progression sont de l'ordre du centième de seconde, tenir un record continental pendant un quart de siècle est une anomalie statistique.
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Diagana champion du monde en 1997 et la longue saison des blessures
Le 4 août 1997, à Athènes, Stéphane Diagana remporte le 400m haies des championnats du monde en 47s70, devant l'Américain Bryan Bronson. Il devient le premier homme français champion du monde d'athlétisme. La seule Française à l'avoir fait avant lui : Marie-José Pérec, en 1991. La France fête un titre qui semblait impossible quelques années plus tôt dans une discipline dominée par les Américains et les Jamaïcains.
Mais dès 1998, lors des championnats d'Europe de Budapest, une méralgie paresthésique le fait chuter en pleine course. Le début d'une longue série de blessures qui ponctueront le reste de sa carrière. Il manque les JO de Sydney en 2000, blessé. Il se reconstruit et remporte le titre de champion d'Europe à Munich en 2002. En 2003, au Stade de France, il remporte le relais 4×400m aux championnats du monde – médaille transformée en or en 2004 après la disqualification du relais américain pour dopage. Il renonce aux JO d'Athènes en 2004, à nouveau blessé, et annonce sa retraite en juillet.
Diagana après le sport : conférencier, consultant et militant antidopage
Après sa retraite, Diagana démarre immédiatement une carrière de conférencier en entreprise sur les thèmes de la performance et du leadership. Il devient consultant sportif pour France Télévisions, commentant les grandes compétitions d'athlétisme. Il a été chef de produit pour la marque de running Kalenji (Decathlon). En 2007, il préside la ligue nationale d'athlétisme pendant trois ans. Il s'est engagé dans la lutte antidopage en tant que membre du comité des sportifs de l'Agence mondiale antidopage (AMA).
Pour les alumni de l'ESCP, Stéphane Diagana incarne une idée simple mais difficile à mettre en pratique : que la préparation de l'après doit commencer pendant, pas après. Il avait commencé ses études à l'ESCP au sommet de sa carrière, pas en fin de course. Ce choix — inconfortable à court terme, structurant à long terme — est peut-être la leçon la plus transmissible de son parcours.
Questions fréquentes sur Stéphane Diagana
Quelle école a fait Stéphane Diagana ?
Stéphane Diagana est diplômé de l'ESCP Business School (promotion 2004), où il a suivi une formation en management et stratégie en parallèle de sa carrière sportive de haut niveau, de 1998 à 2004. Il avait auparavant obtenu un DUT en biologie appliquée à l'IUT de Créteil, en aménageant sa formation sur 4 ans au lieu de 2.
Quel est le palmarès de Stéphane Diagana ?
Stéphane Diagana est double champion du monde : sur 400m haies à Athènes en 1997 et sur relais 4×400m à Paris en 2003 (or obtenu en 2004 après disqualification américaine). Il est champion d'Europe du 400m haies en 2002, et a détenu le record d'Europe du 400m haies (47s37) de 1995 à 2019 — soit 24 ans. Il est le premier homme français champion du monde d'athlétisme.
Pourquoi Stéphane Diagana a-t-il intégré l'ESCP pendant sa carrière ?
Stéphane Diagana a rejoint l'ESCP en 1998, un an après son titre mondial, pour préparer sa reconversion sans attendre la fin de sa carrière sportive. Il expliquait vouloir éviter de "rentrer tardivement sur le marché du travail" et avait identifié dans l'entrepreneuriat une logique similaire à la carrière sportive — solitude initiale, constitution d'équipe, avancer malgré l'environnement.



