Son visage orne encore la plaquette de la promotion 2001 à l'ISAE-SUPAERO. Un de ses professeurs d'aéronautique le décrit avec un "calme olympien". Lui a dit de ses années à Toulouse : "Ce sont les meilleures années de ma vie." Thomas Pesquet a passé 397 jours dans l'espace, est devenu le premier Français commandant de l'ISS, et joue du saxophone à 413 kilomètres d'altitude. Mais d'abord, il est ingénieur aéronautique.
Thomas Pesquet à l'ISAE-SUPAERO : trois ans qui ont "ouvert à tout"
Thomas Gautier Pesquet naît le 27 février 1978 à Rouen. Son père est professeur de mathématiques-physique, sa mère institutrice. Famille d'enseignants, comme Pompidou – mais c'est l'espace qui l'attire, pas la politique. Après un bac scientifique au lycée Jehan Ango de Dieppe, il suit une classe préparatoire MPSI au lycée Pierre-Corneille de Rouen. En 1998, il entre à l'ISAE-SUPAERO à Toulouse.
Il en sort diplômé ingénieur aéronautique en 2001, à 23 ans, après avoir complété un mastère en aéronautique avec les universités McGill et Concordia à Montréal. À Supaero, il ne fait pas que des cours. Il fait du parachutisme, de la plongée, du pilotage. L'école lui ouvre des portes vers des activités qu'il n'aurait pas trouvées ailleurs. Ce n'est pas anecdotique : ce sont exactement les compétences que l'ESA cherchera huit ans plus tard chez ses candidats astronautes.
Ce que l'ISAE-SUPAERO lui apporte, c'est une formation aux systèmes complexes dans l'environnement le plus exigeant qui soit – l'aéronautique et l'espace. La mécanique des fluides, la propulsion, la dynamique des structures, les systèmes embarqués. Des disciplines qui ne tolèrent pas l'approximation, où une erreur de calcul peut coûter une mission. Cette culture de la rigueur procédurale – faire les choses dans l'ordre, vérifier, ne pas improviser sous pression – c'est ce qu'un astronaute utilise chaque jour à bord de l'ISS.
Lire plus : L'ISAE-SUPAERO décroche le label Développement Durable et Responsabilité Sociétale – Planète Grandes Écoles
Pesquet après SUPAERO : CNES, Air France et un pivot vers les étoiles
À sa sortie de Supaero en 2001, Pesquet fait un stage au Centre spatial de Cannes, développe un logiciel de conception de systèmes embarqués. En 2002, il rejoint le CNES à Paris où il travaille pendant deux ans sur l'autonomie des missions spatiales et la conception du futur segment terrestre de l'agence. Il représente le CNES au sein d'un groupe de travail international sur les systèmes de gestion de données spatiales.
En 2004, il est sélectionné au concours des pilotes cadets d'Air France – un pivot radical, de l'ingénierie spatiale vers les cockpits de ligne. Il obtient sa licence de pilote de ligne (ATPL) en 2005 et vole sur Airbus A320, A318, A319 et A321. Il accumule plus de 2 500 heures de vol et devient instructeur A320. Ce double profil – ingénieur spatial et pilote de ligne – est exactement ce que l'ESA cherche. Pesquet ne le sait peut-être pas encore. Il le comprendra en 2008.
Lire plus : Stéphane Bancel, CentraleSupélec, PDG de Moderna – Alumnow
L'ESA : 1 retenu sur 1 402 candidats, le plus jeune de la promotion
En 2008, l'Agence spatiale européenne ouvre sa campagne de recrutement. 8 413 candidats postulent. 6 sont retenus en mai 2009. Thomas Pesquet en fait partie – le plus jeune de la promotion, à 31 ans. La probabilité d'être sélectionné était de 0,07 %.
Ce qui suit, c'est dix ans de formation avant le premier vol. Russe appris à Moscou – langue officielle de l'ISS avec l'anglais. Entraînement en apesanteur dans des bassins spéciaux. Survie en conditions extrêmes. Pilotage de jets militaires. Formation médicale. Robotique. Combinaisons spatiales américaines et russes. Module Soyouz maîtrisé. Pesquet apprend à opérer dans des situations où l'erreur n'est pas rattrapable – exactement la culture que Supaero lui avait inculquée à une autre échelle.
Lire plus : Claudie Haigneré, ISAE-SUPAERO, astronaute et ministre – Alumnow
Proxima et Alpha : 397 jours en orbite, dont 39 heures en EVA
La mission Proxima démarre le 17 novembre 2016 depuis Baïkonour. Thomas Pesquet passe 196 jours à bord de l'ISS. Il contribue à une centaine d'expériences scientifiques, réalise deux sorties extravéhiculaires. Ses photos de la Terre depuis le hublot circulent massivement sur les réseaux sociaux. Le retour en juin 2017 est celui d'un homme peu connu du grand public.
La mission Alpha change tout. Lancée le 23 avril 2021 à bord de la capsule Crew Dragon de SpaceX – premier Français à voler avec SpaceX – elle dure 199 jours. Thomas Pesquet y est nommé commandant de l'ISS pendant trois mois : premier Français à ce poste. Il supervise les opérations, coordonne l'équipage international, gère les urgences. Les 134 expériences scientifiques de la mission couvrent la médecine, la biotechnologie, les matériaux. Il réalise quatre nouvelles sorties extravéhiculaires, portant son total européen record à 39 heures en EVA.
Depuis son retour en décembre 2021, Pesquet est resté très actif. Pilote d'essai sur A320 et A350 chez Airbus depuis 2018, il a obtenu en 2025 le poste de directeur général de Novespace, société qui opère l'Airbus A310 Zero G pour les vols paraboliques en apesanteur. L'ingénieur, le pilote et l'astronaute sont devenus une seule et même carrière.
Pour les étudiants de l'ISAE-SUPAERO, Thomas Pesquet est devenu la preuve vivante que l'école prépare à des métiers qui n'existent pas encore au moment de l'entrée en première année. Trois astronautes de l'ESA recrutés en même temps que lui en 2009 sont également diplômés de Supaero. Ce n'est pas une coïncidence – c'est la marque d'une école qui forme précisément le profil que l'espace exige.
Questions fréquentes sur Thomas Pesquet
Quelle école a fait Thomas Pesquet ?
Thomas Pesquet est diplômé de l'ISAE-SUPAERO (Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace) à Toulouse, promotion 2001. Il a complété sa formation par un mastère en aéronautique avec les universités McGill et Concordia à Montréal.
Combien de temps Thomas Pesquet a-t-il passé dans l'espace ?
Thomas Pesquet a effectué deux missions à bord de l'ISS : la mission Proxima (196 jours, novembre 2016 – juin 2017) et la mission Alpha (199 jours, avril – décembre 2021), soit un total de 395 jours dans l'espace. Il a réalisé au total 6 sorties extravéhiculaires représentant 39 heures en dehors de la station.
Thomas Pesquet a-t-il commandé l'ISS ?
Oui. Lors de la mission Alpha en 2021, Thomas Pesquet a été commandant de la Station spatiale internationale pendant trois mois – premier Français à occuper ce poste. Il a supervisé les opérations à bord et coordonné l'équipage international.





