Dans le conseil, les trajectoires les plus marquantes se construisent rarement en quelques années. Elles se forgent sur la durée, au sein d’une même maison, jusqu’à conduire un profil technique aux fonctions de direction. Celle de Jean-Luc Brincourt en offre un exemple net : diplômé de Supaero, il a passé plus de trente ans chez Accenture avant d’en prendre la présidence pour la France, la Belgique et le Luxembourg. Sa nomination, effective au 1er septembre 2026, porte à la tête de l’une des principales implantations européennes du cabinet un ingénieur d’origine aéronautique. Elle illustre aussi la façon dont un diplôme d’école d’ingénieurs peut mener, des décennies plus tard, au sommet d’un grand groupe de services.
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De Supaero à la présidence d’Accenture France
Le parcours de Jean-Luc Brincourt commence à Supaero, l’école d’ingénieurs spécialisée dans l’aéronautique et le spatial, intégrée depuis 2007 à l’ISAE-SUPAERO. Née du rapprochement de SUPAERO, fondée en 1909, et de l’ENSICA, créée en 1945, l’institution toulousaine forme des ingénieurs généralistes à forte orientation aérospatiale, dont une partie rejoint ensuite l’industrie, mais aussi le conseil, la finance ou l’énergie.
C’est dans cette dernière voie que Brincourt s’est engagé. Il a mené l’essentiel de sa carrière chez Accenture, où il s’est spécialisé dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique en Europe. Il y a notamment occupé les fonctions de directeur Aéronautique et Défense, avant de devenir directeur de compte au niveau mondial pour l’un des grands constructeurs aéronautiques. À ce poste, il a piloté des transformations industrielles complexes touchant la chaîne d’approvisionnement, les opérations et l’industrialisation de nouveaux produits. Ce profil, à la fois technique et sectoriel, est celui qu’Accenture met en avant pour lui confier la responsabilité de trois marchés européens.
Le conseil, une voie ouverte aux ingénieurs Supaero
La trajectoire de Jean-Luc Brincourt se retrouve chez d’autres diplômés. La formation d’ingénieur de Supaero, reconnue pour sa rigueur analytique, conduit un nombre croissant d’anciens élèves vers le conseil en stratégie, la finance ou les directions de grands groupes, au-delà des débouchés traditionnels de l’aérospatial et de la défense que sont Airbus, Dassault Aviation, Thales ou ArianeGroup. Les cabinets recrutent de longue date ces profils capables de relier compréhension industrielle et pilotage de projets de transformation. Chez Accenture, dont l’activité s’appuie aujourd’hui largement sur les données, le cloud et l’intelligence artificielle, cette aptitude à conjuguer expertise sectorielle et technologie constitue un atout direct. Le passage d’un ingénieur aéronautique à la présidence d’une région entière en est l’aboutissement.
Une présidence effective au 1er septembre 2026
Jean-Luc Brincourt succède à Olivier Girard et rejoint à cette occasion les comités de direction EMEA et monde d’Accenture. Olivier Girard prend pour sa part la responsabilité de l’activité Défense pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique, tout en restant membre du comité de direction EMEA. La passation intervient dans une phase de croissance soutenue d’Accenture en France et au Belux.
Selon Jean-Luc Brincourt, la capacité à convertir les données et l’intelligence artificielle en valeur concrète est devenue déterminante pour les organisations, et il entend renforcer la dynamique déjà engagée sur les marchés français, belge et luxembourgeois en accompagnant les clients dans leurs moments de rupture. Selon Olivier Girard, les enjeux de sécurité, de résilience et de maîtrise technologique occupent désormais une place centrale dans le secteur de la défense, dans une logique de compétitivité et d’autonomie stratégique européennes.
Supaero, un réseau d’alumni aux trajectoires industrielles
Au-delà de la nomination, cette annonce met en lumière la place des diplômés de Supaero dans l’industrie et les services. L’ISAE-SUPAERO fédère un réseau de plus de 23 000 anciens élèves répartis dans le monde entier, parmi lesquels des figures qui ont marqué l’aéronautique et le spatial comme Marcel Dassault, Henry Potez, Jean-François Clervoy ou l’astronaute Thomas Pesquet. L’association des diplômés structure ce réseau autour de services concrets : mentorat assuré par des cadres dirigeants, accompagnement carrière, enquêtes de rémunération et rencontres entre promotions.
Ces parcours, qui mènent de la formation d’ingénieur jusqu’aux directions de grands groupes, font la valeur d’un réseau d’alumni. Leur force tient toutefois à une condition : la capacité de l’école à suivre ces évolutions de carrière dans la durée. Un diplômé qui change de fonction ou d’entreprise sans le signaler devient vite invisible dans une base d’anciens, une difficulté que les plateformes de gestion alumni cherchent à résoudre.
Pour Supaero comme pour Accenture, l’arrivée de Jean-Luc Brincourt à la présidence France-Belux illustre la reconnaissance d’un parcours d’ingénieur conduit jusqu’au plus haut niveau du conseil. Elle rappelle qu’un réseau d’alumni se mesure aussi à la visibilité qu’il conserve sur les trajectoires de ses membres, longtemps après leur sortie de l’école.




