Son père Antoine Riboud avait fait l’ESCP à Paris. Lui avait choisi l’EPFL à Lausanne. Il avait rejoint BSN en 1980 à sa sortie de l’école. Dix-six ans plus tard, son père lui passait les rênes. Il avait alors pris la décision la plus contre-intuitive qui soit pour un héritier : plutôt que de diversifier comme son père l’avait fait, il avait recentré – vendu les biscuits (LU) à Kraft, racheté la nutrition infantile (Numico). En 2014, il avait passé les rênes à Emmanuel Faber. La transmission avait duré dix-huit ans.
Riboud à l’EPFL de Lausanne : Lyon, les Maristes et un choix suisse
Franck Riboud naît le 7 novembre 1955 à Lyon. Son père Antoine est alors dirigeant des Verreries Souchon-Neuvesel, en passe de construire BSN. Sa famille est d’ancienne bourgeoisie lyonnaise. Son oncle paternel Marc Riboud est photographe — l’un des plus grands photojournalistes du XXe siècle, connu notamment pour sa couverture de la Chine de Mao et du Vietnam. Son autre oncle Jean Riboud préside Schlumberger, le géant des services pétroliers, depuis Paris et New York.
Franck Riboud fait ses années de collège à l’annexe Perrache du lycée Ampère à Lyon, puis ses années de lycée aux Maristes (Sainte-Marie Lyon). Il choisit ensuite l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) pour ses études d’ingénieur, en génie mécanique. Il en sort diplômé en 1980 — une formation rigoureuse en sciences de l’ingénieur dans l’une des meilleures écoles techniques d’Europe, en dehors du système des grandes écoles françaises.
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Franck Riboud chez BSN puis Danone : seize ans à tous les postes avant la présidence
En 1980, dès sa sortie de l’EPFL, Franck Riboud rejoint BSN. Il y suit le parcours classique des jeunes cadres — et non le raccourci qu’aurait pu lui ouvrir son nom. Contrôle de gestion chez Panzani. Marketing chez Danone et Évian. Ventes chez Danone et L’Alsacienne. En 1989, directeur du département chargé de l’intégration et du développement des sociétés nouvelles de la branche Biscuits. En 1990, directeur général d’Évian.
Ce parcours méthodique à travers toutes les fonctions – seize ans avant de prendre la présidence – lui construit une connaissance opérationnelle du groupe que peu de PDG héritiers possèdent. Il avait dirigé des équipes commerciales, géré des marques, piloté une filiale entière. Quand il prend les rênes en 1996, il sait exactement de quoi il parle.
En 1994, BSN avait pris le nom de Danone — la marque la plus visible du groupe à l’international. En mai 1996, pour le trentième anniversaire du groupe fondé par son père, Antoine Riboud se retire et propose son fils au conseil d’administration. Franck Riboud est élu PDG à 40 ans.
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Franck Riboud PDG de Danone : le recentrage contre la diversification
La grande décision stratégique de Franck Riboud avait été de rompre avec la logique de diversification que son père avait construite. Antoine Riboud avait bâti un groupe qui allait des yaourts aux biscuits en passant par les bières et les eaux. Franck Riboud avait choisi de recentrer.
En 2007, deux mouvements simultanés avaient marqué une rupture nette. D’un côté, la vente de la branche biscuits (LU, BN, Petit Beurre…) à Kraft Foods pour plus de 5 milliards d’euros. De l’autre, le rachat du groupe néerlandais Numico, spécialiste de la nutrition médicale et infantile (Nutricia, Cow & Gate), pour 12,3 milliards d’euros – la plus grande acquisition de l’histoire de Danone. Le groupe se retrouvait alors concentré sur trois pôles : produits laitiers frais, eaux embouteillées, nutrition infantile et médicale.
Par ailleurs, Franck Riboud avait poursuivi l’engagement social hérité de son père. En 2006, avec Muhammad Yunus — le fondateur de la Grameen Bank, prix Nobel de la paix — il avait lancé Grameen Danone Foods au Bangladesh : une joint-venture sociale pour produire des yaourts fortifiés accessibles aux populations défavorisées à prix modeste. Ce projet, premier du genre à cette échelle dans l’industrie agroalimentaire, avait préfiguré ce que son successeur Emmanuel Faber appelerait le « capitalisme responsable ».
En 2014, Franck Riboud cède la direction générale à Emmanuel Faber – qui avait travaillé à ses côtés depuis 1997. Il reste président du conseil d’administration jusqu’en 2017. Sous ses dix-huit ans de direction, le chiffre d’affaires de Danone avait été multiplié par plus de deux. Pour les alumni de l’EPFL, Franck Riboud illustre ce qu’une formation d’ingénieur en dehors des grandes écoles françaises peut produire – à condition d’avoir seize ans pour apprendre le métier depuis les bases avant de monter au sommet.
Questions fréquentes sur Franck Riboud
Quelle école a fait Franck Riboud ?
Franck Riboud est diplômé de l’EPFL — École polytechnique fédérale de Lausanne — en génie mécanique (promotion 1980). Il a fait sa scolarité secondaire aux Maristes de Lyon (Sainte-Marie). Il a rejoint BSN dès sa sortie de l’EPFL et y a passé toute sa carrière.
Quelle a été la grande stratégie de Franck Riboud chez Danone ?
La grande décision stratégique de Franck Riboud avait été le recentrage de Danone sur trois pôles — produits laitiers frais, eaux embouteillées, nutrition infantile et médicale — au détriment de la diversification héritée de son père. En 2007, il avait simultanément vendu les biscuits (LU, BN) à Kraft Foods et racheté Numico pour 12,3 milliards d’euros pour renforcer la nutrition infantile.
Qu’est-ce que Grameen Danone Foods lancé par Franck Riboud ?
Grameen Danone Foods est une joint-venture sociale lancée en 2006 par Franck Riboud et Muhammad Yunus (prix Nobel de la paix, fondateur de la Grameen Bank au Bangladesh). L’objectif : produire des yaourts fortifiés en vitamines et minéraux à destination des populations défavorisées du Bangladesh, à un prix accessible. C’est l’un des premiers exemples d’entreprise sociale à grande échelle dans l’industrie agroalimentaire mondiale.





