12/04/2026

Claudie Haigneré, médecin bac+19 : la seule femme parmi sept astronautes, qui ne s’est jamais censurée

Claudie Haigneré, médecin bac+19, a été la première femme française et européenne dans l'espace. Elle a dit à 7 astronautes sur une estrade : "je ne me suis jamais censurée dans mes choix."

Elle avait obtenu son baccalauréat à 15 ans. Médecin, rhumatologue, docteur ès sciences en neurosciences, spécialiste de médecine aéronautique et spatiale — le surnom que la presse lui avait donné était "bac+19". À la conférence de presse de présentation des astronautes sélectionnés par le CNES en 1985, ils étaient sept sur une estrade. Elle était la seule femme. Elle a dit plus tard : "Ma chance, c'est que personne ne m'a dit : 'Ce n'est pas pour toi'." Claudie Haigneré ne s'est jamais censurée dans ses choix.

Haigneré à la faculté de médecine : bac à 15 ans, diplôme après diplôme

Claudie André-Deshays naît le 13 mai 1957 au Creusot, en Saône-et-Loire. Elle saute une année de maternelle — en apprenant à lire par-dessus l'épaule de sa sœur aînée — et le CE2. Au lycée, elle part en vélo avec son Gaffiot pour faire des versions latines avec ses amies pendant que sa sœur va en boum. Elle obtient son baccalauréat à 15 ans et s'inscrit immédiatement à la faculté de médecine de Dijon.

Son fonctionnement est simple et constant : "Quand je trouvais une formation ou une spécialité qui m'intéressait, je m'y inscrivais, et je passais le concours. En général, ça marchait très bien." En 1981, à 24 ans, elle obtient son doctorat en médecine à la faculté de Cochin-Port-Royal à Paris, avec un CES de biologie et médecine du sport. Suivent en 1982 un CES de médecine aéronautique et spatiale. En 1984, un CES de rhumatologie. En 1986, un DEA de biomécanique et physiologie du mouvement. En 1992, un doctorat ès sciences en neurosciences — préparé en parallèle de son activité médicale et de sa formation d'astronaute. Total : bac+19.

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Haigneré médecin, chercheuse et astronaute : trois carrières simultanées

Pendant huit ans, Claudie André-Deshays avait exercé comme médecin à la clinique de rhumatologie de l'hôpital Cochin à Paris. Pendant six ans, elle avait travaillé au Laboratoire de physiologie neurosensorielle du CNRS sur l'adaptation des systèmes sensori-moteurs en microgravité – comprendre comment le corps humain s'adapte à l'absence de pesanteur.

En 1985, elle avait été sélectionnée parmi plus de 1 000 candidats comme l'une des six stagiaires astronautes du CNES. Elle était seule femme dans le groupe. À la conférence de presse, elle avait réalisé : "Nous étions 7 sur l'estrade et j'étais la seule femme." Aucun de ses proches, aucun de ses professeurs ne lui avait dit que ce n'était pas pour elle. Elle ne s'était jamais dit non à elle-même non plus.

En 1990, elle était devenue responsable des programmes de physiologie et de médecine spatiale à la division Sciences de la Vie du CNES. En novembre 1992, elle partait s'entraîner à la Cité des Étoiles près de Moscou. En octobre 1992, elle avait été désignée astronaute de réserve de Jean-Pierre Haigneré — qui deviendrait son second mari — pour la mission Altaïr.

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Haigneré dans l'espace : Mir 1996, ISS 2001 et la première européenne

Le 17 août 1996, Claudie Haigneré (encore André-Deshays) effectuait son premier vol spatial – seize jours à bord de la station orbitale russe Mir, dans le cadre de la mission franco-russe Cassiopée. Elle y réalisait des expériences médico-physiologiques, biologiques et techniques. Elle était la première femme française à aller dans l'espace.

Le 21 octobre 2001, elle décollait à bord de Soyouz TM-33 pour la Station Spatiale Internationale dans le cadre de la mission Andromède. Ingénieur de bord n°1, elle y réalisait un programme expérimental d'observation de la Terre, de l'ionosphère, de sciences de la vie et de la matière. Elle atterrissait le 31 octobre avec le vaisseau Soyouz TM-32. Elle était la première astronaute française à voler à bord de l'ISS et la première femme européenne dans ce rôle. L'année précédente, en mai 2001, elle avait épousé Jean-Pierre Haigneré — cosmonaute lui aussi — et pris son nom.

Haigneré ministre, conseillère ESA et présidente d'Universcience

En juin 2002, le gouvernement Raffarin lui proposait un portefeuille ministériel. Elle acceptait : ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies de 2002 à 2004, puis ministre déléguée aux Affaires européennes de 2004 à 2005 auprès de Michel Barnier. Depuis novembre 2005, elle avait été conseillère auprès du directeur général de l'ESA.

En décembre 2009, elle avait été nommée administratrice provisoire du nouvel établissement public né du rapprochement entre le Palais de la Découverte et la Cité des sciences et de l'industrie — baptisé Universcience). Elle en avait été présidente de 2010 à 2015, date à laquelle elle était retournée à l'ESA. Elle est grand officier de la Légion d'honneur, membre de l'Académie des technologies, de l'Académie de l'air et de l'espace, et de l'Académie des sports. De nombreux établissements scolaires portent son nom en France.

Questions fréquentes sur Claudie Haigneré

Quelle est la formation de Claudie Haigneré ?

Claudie Haigneré est médecin — docteur en médecine (faculté de Cochin-Port-Royal, 1981), rhumatologue, spécialiste de médecine aéronautique et spatiale, et docteur ès sciences en neurosciences (1992). Elle est surnommée "bac+19" pour l'ensemble de ses diplômes, obtenus entre ses 15 ans (baccalauréat) et ses 35 ans.

Pourquoi Claudie Haigneré est-elle historique dans l'exploration spatiale ?

Claudie Haigneré est la première femme française à aller dans l'espace (mission Cassiopée sur Mir, 1996) et la première astronaute française à voler à bord de l'ISS (mission Andromède, 2001). Elle est également la première femme européenne à occuper le rôle d'ingénieur de bord à bord de l'ISS.

Qu'a fait Claudie Haigneré après ses missions spatiales ?

Claudie Haigneré a été ministre déléguée à la Recherche (2002-2004) puis aux Affaires européennes (2004-2005) dans les gouvernements Raffarin. Elle a ensuite été conseillère auprès de l'ESA, puis présidente d'Universcience (2010-2015), l'établissement public réunissant le Palais de la Découverte et la Cité des sciences. Depuis 2015, elle est revenue à l'ESA comme conseillère du directeur général.

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