Il a pris son premier train à 14 ans et son premier avion à 23 ans. Il vient de Beaupréau, un village du Maine-et-Loire. Il a fait l'ESEO à Angers, pas une grande école parisienne. Il a passé cinq ans en Italie et cinq ans en Chine avant de prendre la direction générale de Schneider Electric. En 17 ans à sa tête, il a quadruplé le chiffre d'affaires du groupe. Jean-Pascal Tricoire a construit une carrière mondiale à partir du monde rural.
Tricoire à l'ESEO et emlyon : Beaupréau, l'électronique de l'Ouest et un MBA pour partir à l'international
Jean-Pascal Tricoire naît le 11 mai 1963 à Beaupréau, en Maine-et-Loire, dans une famille du monde rural. Il fait sa scolarité secondaire à l'ensemble scolaire Dom Sortais de Beaupréau – l'établissement auquel il reviendra signer un partenariat industriel quarante ans plus tard, en tant que PDG de Schneider Electric. Il intègre ensuite l'ESEO – École supérieure d'électronique de l'Ouest – à Angers, école d'ingénieur spécialisée en électronique et systèmes embarqués.
À sa sortie de l'ESEO, il complète sa formation par un MBA à emlyon business school, obtenu en 1986. Ce double cursus – ingénieur en électronique, puis management général – lui donne exactement le profil dont il aura besoin pour diriger des équipes commerciales et opérationnelles dans des contextes culturels très différents. Il dira plus tard que c'est la lecture qui l'a ouvert au monde dans sa jeunesse, faute d'argent pour voyager : "J'ai pris mon premier avion à 23 ans. Quand vous n'avez pas d'argent, il faut d'abord payer ses études."
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Tricoire avant Schneider : Alcatel, Schlumberger, Saint-Gobain et Merlin Gerin
En 1985 et 1986, à sa sortie des deux formations, Tricoire effectue des missions chez Alcatel, Schlumberger et Saint-Gobain. Il rejoint ensuite Merlin Gerin – fabricant d'équipements électriques qui sera absorbé par Schneider – pour développer un partenariat avec une société allemande. En 1988, il entre chez Schneider Electric proprement dit. Il y passera toute sa carrière – mais pas derrière un bureau parisien.
De 1988 à 1999, il occupe des fonctions opérationnelles entièrement à l'international : cinq ans en Italie, cinq ans en Chine, un an en Afrique du Sud. La Chine des années 1990 est un terrain de jeu unique pour un cadre industriel français : croissance à deux chiffres, infrastructure électrique à construire de zéro, culture des affaires radicalement différente. Tricoire y apprend à adapter un modèle industriel occidental à des marchés émergents – compétence qui structurera toute sa stratégie quand il prendra la direction du groupe.
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Tricoire PDG de Schneider Electric : développement durable, digitalisation et marchés émergents
En 2001, Tricoire rejoint le comité exécutif de Schneider comme directeur de la division internationale. En octobre 2003, il est nommé directeur général délégué (COO). En mai 2006, il devient président du directoire. En avril 2013, président-directeur général. Il dirige Schneider Electric pendant 17 ans, jusqu'en 2023, date à laquelle il devient président du conseil d'administration.
Sa stratégie repose sur trois axes définis dès sa prise de fonction : le développement durable, la digitalisation et les pays émergents – en particulier l'Asie. Ces trois axes semblaient contre-intuitifs en 2006 pour un groupe industriel français traditionnel. Ils se révèlent exactement les bonnes priorités pour la décennie suivante. Sous sa direction, Schneider acquiert pour 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire et cède 3 milliards d'activités non stratégiques. Le chiffre d'affaires du groupe est quadruplé. La part du numérique et des services atteint 50 % du CA soit 12,5 milliards d'euros en 2021.
Schneider Electric est régulièrement classé parmi les entreprises les plus durables au monde par Corporate Knights et figure dans la liste A du Carbon Disclosure Program. Tricoire préside le Global Compact France depuis 2014 et siège au conseil international des chefs d'entreprise du Premier ministre chinois. Il a présidé le Comité France-Chine de 2009 à 2018. Sa connaissance intime de l'Asie – forgée dans les années 1990 sur le terrain – lui donne une crédibilité unique dans ces cercles.
Pour les alumni de l'ESEO et d'emlyon, Jean-Pascal Tricoire incarne une trajectoire qui contredit l'idée que seules les grandes écoles parisiennes produisent des dirigeants de rang mondial. Il a dirigé l'un des groupes industriels les plus admirés d'Europe depuis Beaupréau, en passant par Angers, Lyon, Milan, Shanghai et Hong Kong. Le monde rural qu'il n'a jamais renié, et les livres qui lui ont tenu lieu de voyages dans sa jeunesse, ont peut-être autant compté que ses diplômes.
Questions fréquentes sur Jean-Pascal Tricoire
Quelle école a fait Jean-Pascal Tricoire ?
Jean-Pascal Tricoire est ingénieur diplômé de l'ESEO (École supérieure d'électronique de l'Ouest, Angers) et titulaire d'un MBA emlyon business school, obtenu en 1986. Il a effectué sa scolarité secondaire à l'ensemble scolaire Dom Sortais de Beaupréau, en Maine-et-Loire.
Combien de temps Jean-Pascal Tricoire a-t-il dirigé Schneider Electric ?
Jean-Pascal Tricoire a dirigé Schneider Electric pendant 17 ans : directeur général de 2006 à 2013, PDG de 2013 à 2023. Depuis 2023, il est président du conseil d'administration. Sous sa direction, le chiffre d'affaires du groupe a été quadruplé.
Quelle est la stratégie de Jean-Pascal Tricoire chez Schneider Electric ?
La stratégie de Jean-Pascal Tricoire repose sur trois axes définis dès 2006 : le développement durable, la digitalisation et les marchés émergents (Asie en priorité). Cette vision a permis à Schneider d'anticiper les grandes transformations industrielles de la décennie 2010-2020. Le groupe est aujourd'hui régulièrement classé parmi les entreprises les plus durables au monde, avec 50 % de son chiffre d'affaires issu du numérique et des services.



