Il avait un bac avec mention, malgré une scolarité qu'il qualifie lui-même de médiocre. Ses parents lui ont conseillé de faire l'EDHEC à Lille. Il y est allé. Il y jouait dans les bals d'étudiants rémunéré en fonction de la recette du bar – plus les danseurs transpirent, plus les musiciens sont payés. Il en est sorti en 1973 avec un diplôme EDHEC et une licence de sociologie. Huit ans plus tard, il sortait son premier album. Il a vendu 30 millions de disques et fondé les Enfoirés. Jean-Jacques Goldman n'était pas destiné à être chanteur. Il l'est devenu par obligation.
Goldman à l'EDHEC de Lille : les bals, Jimi Hendrix et une licence de sociologie en prime
Jean-Jacques Goldman naît le 11 octobre 1951 à Paris, fils d'un réfugié juif polonais et d'une mère française. Il a une scolarité en dents de scie – lui-même dit avoir été un élève médiocre – mais décroche son baccalauréat D avec mention en 1969. Ses parents, pragmatiques, lui conseillent de faire des études de commerce. Il passe la prépa HEC, réussit le concours de l'EDHEC en 1970 et part s'installer à Lille pour trois ans.
À Lille, Goldman mène une double vie. Le jour, il est étudiant à l'EDHEC – il suit aussi en parallèle deux années de faculté de sociologie. Le soir et les week-ends, il joue de la guitare dans des bals d'étudiants et des MJC avec son ami Dominique Proust, interprétant du folk, du blues, des chansons d'Elton John. Ils sont rémunérés selon la recette du bar – plus les danseurs transpirent, plus les musiciens gagnent. Il écoute avec ferveur Jimi Hendrix et les guitar heroes américains des années 1970, perfectionne sa guitare loin de l'effervescence musicale parisienne.
Il part aussi voyager pendant les vacances scolaires – Suède en 1971, Turquie en 1972, Canada, États-Unis et Mexique en 1973, voyageant en hippie à traveller's chèques. En 1973, il revient à Paris avec deux diplômes : celui de l'EDHEC et une licence de sociologie. Ce double cursus dit quelque chose sur un homme curieux de tout, incapable de se cantonner à un seul registre.
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Goldman après l'EDHEC : le sport 2000, Taï Phong et le chanteur par obligation
À son retour de Lille, Goldman n'a aucun plan précis. Il fait son service militaire dans l'armée de l'air à Villacoublay en 1974. En 1975, il rejoint le groupe de rock progressif Taï Phong – au départ comme guitariste uniquement, il finit par chanter parce que le chanteur est malade. Trois albums en anglais entre 1975 et 1979.
En 1979, l'éditeur Marc Lumbroso le repère et tente de placer ses chansons auprès de maisons de disques – en vain. Goldman raconte qu'il est devenu chanteur par obligation, faute d'avoir trouvé un interprète pour ses textes. En attendant, il travaille avec son frère Robert dans leur magasin Sport 2000 familial. Il continue jusqu'en décembre 1982 à tenir le magasin, envisageant encore d'y rester si sa carrière musicale échouait.
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Goldman : 30 millions de disques, les Enfoirés et le retrait en 2002
En 1981, Goldman signe un contrat pour cinq albums chez Epic. Son premier album sort sans titre – la maison de disques refuse l'appellation "Démodé" souhaitée par l'artiste. Le single Il suffira d'un signe se vend à 500 000 exemplaires dans l'année. En 1982, Quand la musique est bonne connaît un succès phénoménal. La décennie qui suit aligne les tubes : Je te donne, Là-bas, Envole-moi. Huit albums studio certifiés diamant (plus d'un million d'exemplaires chacun).
En parallèle de sa carrière, Goldman s'engage dans des causes humanitaires. En 1985, il compose Chante pour les Restos du Cœur et devient l'un des fondateurs des Enfoirés – le collectif de chanteurs qui soutient depuis lors l'association créée par Coluche. Il compose également pour Céline Dion l'album D'eux en 1995 – l'album francophone le plus vendu de l'histoire avec plus de 6,5 millions d'exemplaires). Pour Johnny Hallyday, pour Patricia Kaas, pour Florent Pagny.
En 2002, à 51 ans, il interrompt sa carrière solo et se retire de la scène. Il ne reviendra pas. Il vit depuis en dehors des projecteurs, accordant très peu d'interviews, refusant la plupart des sollicitations. Ce retrait volontaire et complet – sans annonce fracassante, sans tournée d'adieux – est en accord avec ce que tout son parcours révèle : quelqu'un qui n'a jamais cherché à être là où on l'attendait.
Pour les alumni de l'EDHEC Business School, Goldman reste une figure paradoxale : l'étudiant qui a fait une école de commerce à Lille parce que ses parents le lui ont conseillé, qui y jouait dans les bals pour payer ses bières, qui en est sorti avec deux diplômes dont il n'a pas eu besoin, et qui est devenu l'artiste français le plus aimé de sa génération par une série d'accidents successifs. L'EDHEC lui a appris Lille. Lille lui a appris Jimi Hendrix. Le reste appartient à lui seul.
Questions fréquentes sur Jean-Jacques Goldman
Quelle école a fait Jean-Jacques Goldman ?
Jean-Jacques Goldman est diplômé de l'EDHEC Business School (promotion 1973, campus de Lille). Il a également suivi deux ans de faculté de sociologie en parallèle, revenant à Paris avec deux diplômes. Il avait intégré l'EDHEC sur les conseils de ses parents, après une classe préparatoire commerciale.
Combien de disques Jean-Jacques Goldman a-t-il vendus ?
Jean-Jacques Goldman a vendu plus de 30 millions de disques au cours de sa carrière. Huit de ses albums studio ont été certifiés diamant (plus d'un million d'exemplaires chacun). L'album D'eux qu'il a composé pour Céline Dion en 1995 reste l'album francophone le plus vendu de l'histoire avec plus de 6,5 millions d'exemplaires.
Pourquoi Jean-Jacques Goldman a-t-il arrêté sa carrière ?
Jean-Jacques Goldman a interrompu sa carrière solo en 2002 et ne s'est plus produit sur scène depuis. Il n'a jamais fourni d'explication publique détaillée. Il continue à s'investir dans les Enfoirés qu'il a cofondés, et compose occasionnellement pour d'autres artistes, mais vit en dehors des projecteurs.



